Toxine botulique : à quel âge commencer ?

C'est l'une des questions que l'on me pose le plus souvent. La réponse tient en une phrase : il n'existe pas d'âge idéal, mais il existe de bonnes et de moins bonnes raisons de commencer.

Dr Selim Zengin, médecin généraliste, INAMI 1-07696-83-003

Publié le · Mis à jour le · 4 min de lecture

Deux sortes de rides

Une ride dynamique n'apparaît que lorsque le muscle se contracte : quand vous froncez les sourcils, levez le front ou souriez. Une ride statique reste visible au repos. Avec les années, la répétition des mêmes mouvements et l'amincissement de la peau transforment peu à peu certaines rides dynamiques en rides statiques.

La toxine botulique agit sur le muscle : elle le détend pendant quelques mois. Elle est donc surtout efficace sur les rides dynamiques. Sur une ride déjà creusée au repos, elle l'adoucit souvent sans l'effacer. Les notices le précisent d'ailleurs : quand une ride vient surtout de la perte d'élasticité de la peau (âge, soleil), la toxine peut ne pas suffire.

Ce que disent les notices

Les toxines botuliques autorisées pour les rides du lion le sont chez l'adulte. Elles ne sont pas recommandées avant 18 ans, et plusieurs notices les réservent aux adultes de moins de 65 ans, faute de données suffisantes au-delà. Elles imposent aussi un délai d'au moins trois mois entre deux séances.

Autrement dit, le cadre officiel ne fixe aucun âge pour commencer pendant la vie adulte. C'est l'examen qui décide, pas la date de naissance.

Et la toxine « préventive » ?

On entend souvent qu'il faudrait commencer tôt, vers 25 ans, pour empêcher les rides de s'installer. L'idée a une logique : un muscle moins sollicité marque moins la peau. Mais les preuves restent minces.

L'argument le plus cité vient de deux jumelles suivies pendant treize ans : celle qui avait reçu des injections régulières avait moins de rides au repos que sa sœur. C'est une observation intéressante, mais elle porte sur deux personnes. Une étude sur trois cycles de traitement a aussi montré une amélioration progressive des rides du lion au repos, mais sur une durée d'un an. Une revue publiée en 2023 sur les adultes de moins de 41 ans conclut au manque d'études de bonne qualité.

Ma position : commencer pour prévenir n'a de sens que si une ride dynamique marquée est déjà là, qu'elle vous gêne réellement, et avec des doses mesurées. Je ne traite pas un visage qui n'en a pas besoin.

Les bonnes raisons de consulter

  • Une ride d'expression vous gêne au quotidien, par exemple un froncement qui donne un air sévère ou fatigué.
  • Une ride commence à rester visible au repos.
  • Vous voulez un avis médical avant de décider, même si la réponse est d'attendre.

Quand on ne traite pas

La toxine botulique n'est pas utilisée en cas de maladie neuromusculaire comme la myasthénie, d'infection ou d'inflammation à l'endroit à traiter, ni pendant la grossesse et l'allaitement. Certains antibiotiques injectables (les aminosides) peuvent renforcer son effet. Ces points sont vérifiés à chaque consultation.

Une autre situation mérite d'être dite : quand l'inquiétude pour une ride devient envahissante, sans rapport avec ce que voit l'entourage. Une injection n'apporte alors en général pas l'apaisement attendu, et il vaut mieux en parler franchement.

Comment je procède

La première consultation commence par un examen et par l'analyse de votre visage par ordinateur. On observe le muscle en mouvement et au repos. Si un traitement est utile, la dose est choisie pour garder vos expressions. On se revoit ensuite environ quinze jours plus tard pour mesurer le résultat sur les mêmes photos.

Sources.

  1. Small R. Botulinum toxin injection for facial wrinkles. American Family Physician, 2014;90(3):168-175.
  2. Résumé des caractéristiques du produit d'une toxine botulique de type A autorisée pour les rides du lion (base de données publique des médicaments, ANSM).
  3. Binder WJ. Archives of Facial Plastic Surgery, 2006;8(6):426-431 (suivi de deux jumelles sur treize ans).
  4. Carruthers A et al. Dermatologic Surgery, 2016;42(9):1094-1101 (rides du lion au repos après trois cycles de traitement).
  5. Michon A. Journal of Cosmetic Dermatology, 2023;22(1):128-139 (revue chez les adultes de moins de 41 ans).

Soins liés.

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation.