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PRP pour les cheveux : ce que montrent les études en 2026

Le PRP pour les cheveux, ou plasma riche en plaquettes, est souvent présenté comme une solution. Les études publiées ces dernières années permettent d'être plus précis : ce qu'on peut en attendre, pour qui, et quand s'arrêter.

Dr Selim Zengin, médecin généraliste, INAMI 1-07696-83-003

Publié le · Mis à jour le · 4 min de lecture

Le PRP pour les cheveux : le principe

Une petite prise de sang est centrifugée pour concentrer les plaquettes, des cellules du sang qui libèrent des facteurs de croissance. Le plasma obtenu est réinjecté en fines piqûres dans le cuir chevelu, au cours de la même séance. Le but est de soutenir des follicules affaiblis, ceux qui produisent des cheveux de plus en plus fins.

Le PRP a surtout été étudié dans l'alopécie androgénétique, la chute d'origine hormonale et héréditaire qui touche les hommes comme les femmes. C'est d'elle qu'il s'agit ici. Une chute passagère après un accouchement ou une maladie est une autre situation, dont je parle dans un autre article.

Ce que disent les méta-analyses récentes

Une méta-analyse rassemble les résultats de nombreux essais pour en tirer une moyenne. En 2024, une synthèse de 13 essais randomisés a trouvé environ 28 cheveux de plus par centimètre carré avec le PRP qu'avec un placebo. En 2025, une synthèse plus large, portant sur 43 essais, retrouve face au placebo un gain du même ordre, d'environ 28 cheveux par centimètre carré. Ses auteurs travaillent pour une entreprise qui développe une technique de PRP : il est utile de le savoir.

Pour situer ces chiffres : dans un essai randomisé américain, les participants partaient d'environ 150 cheveux par centimètre carré. Le gain moyen est donc réel, mais modeste. Il varie aussi beaucoup d'une étude et d'une personne à l'autre. Les auteurs de 2024 jugent les preuves de faible qualité : essais très hétérogènes et biais de publication, c'est-à-dire que les études décevantes sont moins souvent publiées.

Ce même essai américain n'a d'ailleurs pas trouvé de différence significative entre le côté du crâne traité par PRP et celui traité par du sérum physiologique : la densité avait augmenté des deux côtés. Ses auteurs n'excluent pas que le PRP ait diffusé d'un côté à l'autre, une limite de ce type d'essai.

Un complément, pas un traitement à lui seul

Comparé directement au minoxidil, traitement classique de l'alopécie androgénétique, le PRP seul ne fait pas mieux dans les trois petits essais réunis par la synthèse de 2025. Ajouté à une lotion de minoxidil, il pourrait apporter un gain supplémentaire : environ 18 cheveux par centimètre carré à cinq ou six mois dans une synthèse de cinq essais, avec une certitude jugée très faible. La synthèse de 2025, elle, ne retrouve pas de bénéfice significatif de cette association.

C'est pourquoi je ne propose pas le PRP comme seule réponse. Il s'envisage après un bilan, en complément d'un traitement de fond adapté, et non à sa place.

Les profils qui répondent davantage

Une analyse de 25 essais a cherché les facteurs associés à un résultat plus favorable. Le PRP y semblait plus efficace :

  • chez les personnes plus jeunes ;
  • chez les femmes ;
  • quand les séances étaient plus nombreuses et plus rapprochées.

Des recommandations d'experts le conseillent surtout aux stades débutants à modérés, quand les follicules sont encore présents. Aux stades avancés, ou quand la chute est ancienne, les résultats sont moins bons ; là où le follicule a disparu, le PRP ne fait pas repousser.

Juger à six mois, et savoir s'arrêter

Un cheveu pousse d'environ 0,3 mm par jour, soit à peine un centimètre par mois. Un résultat ne se juge donc pas en quelques semaines. Les essais mesurent en général la densité vers six mois, et c'est aussi à ce moment que je fais le point avec vous.

On compare alors des photos prises dans les mêmes conditions, plutôt qu'une impression devant le miroir. Sans bénéfice mesurable, il est raisonnable d'arrêter les séances : les poursuivre n'apporterait rien.

Comment je l'envisage au cabinet

Tout commence par un bilan : l'histoire de la chute, l'examen du cuir chevelu, des photos de référence et une prise de sang ciblée, notamment le fer et la thyroïde. Il arrive qu'une cause simple à corriger rende le PRP inutile.

Lorsqu'il est indiqué, le PRP du cuir chevelu est proposé au cabinet à partir de novembre 2026 : trois séances à un mois d'intervalle, puis un entretien si le résultat le justifie. Il n'est pas pratiqué pendant la grossesse et l'allaitement, ni en cas de trouble de la coagulation ou d'infection du cuir chevelu.

Sources.

  1. Kieling L et al. Anais Brasileiros de Dermatologia, 2024;99(6):847-862 (méta-analyse de 13 essais randomisés contre placebo).
  2. Anitua E et al. Dermatology and Therapy, 2025;15(11):3213-3252 (revue systématique et méta-analyse de 43 essais).
  3. Shapiro J et al. Journal of the American Academy of Dermatology, 2020;83(5):1298-1303 (essai randomisé, PRP sur une moitié du cuir chevelu, placebo sur l'autre).
  4. Yao J et al. PLoS One, 2024;19(8):e0308986 (PRP ajouté au minoxidil local, méta-analyse de cinq essais).
  5. Gupta AK, Bamimore M. Journal of Drugs in Dermatology, 2022;21(9):943-952 (facteurs associés à la réponse au PRP, 25 essais).
  6. Sharma A et al. Indian Dermatology Online Journal, 2021;12(Suppl 1):S31-S40 (recommandations d'experts sur le PRP dans l'alopécie androgénétique).

Soins liés.

Article d'information générale. Il ne remplace pas une consultation.